Rénover ses volets en bois améliore l’efficacité énergétique du logement

Les volets en bois vieillissent, se déforment, laissent passer l’air. Quand la peinture s’écaille et que le bois gonfle sous l’humidité, la première réaction est souvent de les remplacer par du PVC ou de l’aluminium. La rénovation du volet bois existant constitue pourtant une option technique qui pèse dans le calcul de la performance énergétique du logement, et pas seulement pour des raisons de confort.

Volets bois et méthode DPE 3CL-2021 : ce que le calcul officiel reconnaît

La plupart des articles sur les volets et l’isolation en restent à des généralités sur la lame d’air ou la réduction des courants d’air. Le cadre réglementaire est plus précis que cela. La méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique, dite 3CL-DPE dans sa version 2021, attribue une résistance thermique additionnelle (ΔR) aux fermetures extérieures.

Ce ΔR varie selon le type et l’épaisseur du volet. Les volets battants bois épais (plus de 22 mm) bénéficient du ΔR maximal de 0,25 m².K/W, au même titre que les volets roulants à lame épaisse. Ce n’est pas un argument commercial : c’est une valeur intégrée dans le calcul du « bloc-baie » (fenêtre plus fermeture) qui détermine la classe énergétique du logement.

Rénover un volet bois dégradé pour lui redonner son épaisseur fonctionnelle et son étanchéité permet donc de récupérer cette résistance thermique additionnelle dans le DPE. À l’inverse, un volet déformé, mal ajusté ou dont les lames sont fendues ne remplit plus ce rôle, même s’il reste en place.

Volets en bois fraîchement rénovés en vert foncé sur la façade d'un immeuble haussmannien parisien

Rénovation de volets bois : les interventions qui changent la performance thermique

Repeindre un volet ne suffit pas à améliorer l’isolation. Les opérations qui ont un impact mesurable sur la performance thermique du bloc-baie sont plus ciblées.

Rétablir l’ajustement du volet dans son cadre

Un volet bois qui a travaillé avec le temps laisse passer l’air sur tout son pourtour. Le jeu entre le volet et le dormant crée un pont thermique linéaire qui annule en partie l’effet de la lame d’air isolante. Raboter, recaler les gonds, remplacer les paumelles ou ajouter des joints de frappe périphériques sont des interventions simples qui restaurent l’étanchéité à l’air du système.

Traiter ou remplacer les lames endommagées

Les lames fendues ou pourries réduisent l’épaisseur utile du volet. Or c’est cette épaisseur qui conditionne le ΔR pris en compte dans le DPE. Remplacer les lames abîmées par du bois massif de même essence et d’épaisseur suffisante (au-delà de 22 mm) maintient le volet dans la catégorie la plus performante du barème 3CL.

Appliquer une finition protectrice adaptée

La lasure ou la peinture microporeuse protège le bois de l’humidité, mais elle joue aussi un rôle indirect sur la performance thermique. Un bois gorgé d’eau conduit mieux la chaleur qu’un bois sec. Un volet bois correctement traité conserve ses propriétés isolantes plus longtemps qu’un volet laissé brut ou recouvert d’une peinture filmogène qui emprisonne l’humidité.

Volets bois en zone patrimoniale : contrainte ou avantage énergétique

Dans les secteurs protégés par les Architectes des Bâtiments de France (ABF), le remplacement des volets bois par un autre matériau est souvent refusé. Les défenseurs du patrimoine s’inquiètent d’ailleurs que la rénovation énergétique, ou la pose de nouveaux volets, dénature la façade des bâtiments anciens.

Cette contrainte patrimoniale pousse à rénover plutôt qu’à remplacer. Et c’est là que la situation devient intéressante sur le plan énergétique. Les volets battants bois épais offrent le même ΔR maximal que les volets roulants isolés dans le calcul DPE. Un propriétaire contraint de conserver ses volets bois ne perd donc rien en performance thermique par rapport à celui qui installe du neuf, à condition que la rénovation soit correctement réalisée.

Les retours terrain divergent sur ce point : certains artisans considèrent que la rénovation d’un volet bois ancien de qualité (chêne, châtaignier) donne un résultat supérieur à un volet battant neuf en résineux de premier prix, dont l’épaisseur réelle des lames est parfois inférieure aux spécifications annoncées.

Femme appliquant une lasure protectrice sur un volet en bois dans un jardin provençal ensoleillé

Coût de la rénovation de volets bois face au remplacement complet

Le remplacement d’un volet battant par un modèle neuf (bois, PVC ou aluminium) représente un budget sensiblement plus élevé que la rénovation du volet existant. La différence de coût dépend de l’état initial du volet et du nombre de lames à remplacer, mais la rénovation reste dans la majorité des cas l’option la moins chère.

Sur le plan des aides financières, la situation est restrictive. Le crédit d’impôt pour la pose de volets isolants n’existe plus depuis 2018 (il a été remplacé par MaPrimeRénov’). Or MaPrimeRénov’ n’est pas éligible pour le changement de volets roulants pris isolément. Une TVA à taux réduit de 5,5 % peut toutefois s’appliquer lorsque l’installation ou la rénovation de volets isolants contribue à l’amélioration de la performance énergétique du logement.

En pratique, la rénovation de volets bois existants s’inscrit plus facilement dans un projet de rénovation énergétique globale (éligible à l’éco-PTZ) que dans une démarche isolée. Voici les critères à vérifier avant de lancer les travaux :

  • L’épaisseur des lames après rénovation doit dépasser 22 mm pour bénéficier du ΔR maximal dans le calcul DPE
  • Les gonds et paumelles doivent permettre un ajustement précis du volet dans le dormant, sans jeu périphérique
  • Le bois doit être sain sur au moins les deux tiers de la surface du volet pour que la rénovation reste économiquement pertinente face au remplacement
  • La finition choisie doit être microporeuse pour laisser le bois respirer tout en le protégeant de l’humidité

Limites de la rénovation : quand le remplacement s’impose

La rénovation n’est pas toujours la bonne réponse. Quand le bois est attaqué en profondeur par la mérule ou les insectes xylophages, le remplacement des lames ne suffit pas : c’est la structure même du volet (montants, traverses) qui est compromise.

De même, un volet dont l’épaisseur d’origine est faible (moins de 15 mm, fréquent sur les constructions des années 1960-1980) ne pourra jamais atteindre le ΔR des volets épais, même parfaitement rénové. Dans ce cas, le remplacement par un volet bois neuf de bonne épaisseur reste le choix le plus rationnel sur le plan de la performance énergétique.

La décision se prend volet par volet. Sur une même façade, certains volets peuvent mériter une rénovation complète tandis que d’autres justifient un remplacement. Un diagnostic précis de l’état du bois, de l’épaisseur résiduelle et de la qualité de l’ajustement dans le dormant permet de trancher sans gaspiller ni en matériaux ni en budget.

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